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Qu’est-ce que la philologie ?

Publié le 16 mar 2010 — par nitroglobus A
Catégories Interventions, Philologie

Voici les définitions livrées par le blog de Abdeslam Slimani :

Article Larousse
Philologie :
nom féminin, (latin philologia, du grec)

  • Ancienne science historique qui a pour objet la connaissance des civilisations passées grâce aux documents écrits qu’elles nous ont laissés.
  • Étude d’une langue, fondée sur l’analyse critique de textes écrits dans cette langue.
  • Établissement ou étude critique de textes, par la comparaison systématique des manuscrits ou des éditions, par l’histoire.

« Une science des documents écrits
La philologie se définit comme la science des documents écrits, du point de vue de leur étude critique, de leurs rapports avec la civilisation, de l’histoire des mots et de leur origine. Elle est ainsi, en elle-même, une discipline complète. Outre son apport documentaire, elle caractérise indirectement une méthode de critique littéraire ; l’écrit doit être entendu de manière littérale – le mot inscrit sur la page –, et assurer, par une analyse lexicologique, sémantique, stylistique, le tracé de médiations qui permettront de dessiner une totalité : celle de l’œuvre, celle des œuvres, celle de la culture qui comprend ces œuvres.

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L’idée constante est que la singularité du texte écrit témoigne, par cet écart, de son insertion dans une histoire et dans un ensemble, qui ont une fonction régulatrice, mais qui sont encore aptes à recueillir cet écart et à être réformés par lui, suivant la suggestion de Leo Spitzer : « La déviation stylistique de l’individu par rapport à la norme doit représenter un pas historique franchi par l’écrivain ; elle doit révéler une mutation dans l’âme d’une époque. »
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La philologie antique

Les véritables créateurs de la philologie sont les grammairiens groupés autour des bibliothèques rassemblées par les souverains hellénistiques, à Pergame et surtout à Alexandrie : Aristophane de Byzance, Aristarque, Zénodote. Héritiers des sophistes, qui discutaient dans leurs écoles de l’interprétation des poètes et surtout d’Homère, ils se sont attachés à retrouver, dans la masse des variantes et des gloses, le texte authentique des grands écrivains du passé. L’érudition philologique s’efforce en même temps de trouver la clé de l’œuvre dans son référent : elle reconstitue des réalités disparues (d’Homère à Virgile ou Properce) « de crainte que le poème ne meure avec son référent » (M. Riffaterre, la Production du texte). Dès le IIe s. avant J.-C., les Grecs introduisent cette science (et ses méthodes) à Rome : au Ier s. avant J.-C., Varron fournit, dans son De lingua latina, un monument philologique qui restera un modèle jusqu’à la fin de l’Antiquité.

La renaissance littéraire du IVe s. après J.-C. s’est accompagnée d’une étude fervente des Anciens que l’on édita avec des commentaires : par exemple celui de Servius sur Virgile ou celui de Macrobe sur le Songe de Scipion. Avec le christianisme, qui ramène tout écrit à l’Écriture, la philologie antique tombe, en Occident, dans l’oubli, mais elle survit à Byzance : ainsi les sommes lexicographiques de Photios (VIIIe s.) et de Suidas (Xe s.), le commentaire des poèmes homériques par Eustathe de Thessalonique (XIIe s.) ou l’édition complète des œuvres de Plutarque par Maxime Planude (1260-1330).

L’étude philologique moderne

La Renaissance remet à l’honneur l’étude des Anciens et retrouve à cette fin les méthodes de la philologie antique, grâce en particulier à l’arrivée des savants byzantins chassés par la chute de Constantinople. D’autre part, l’impression et l’édition des textes conduisent tout naturellement à un travail de critique interne de ceux-ci, favorisé aussi par l’émergence du nouvel esprit scientifique : dès 1528, H. Estienne tient compte de la valeur respective des manuscrits qu’il imprime. À la fin du XVIe siècle, Scaliger et Casaubon développent la méthode philologique et ajoutent à leurs éditions des listes de variantes (apparat critique). Cette critique formelle des textes connaît aux XVIIe et XVIIIe s. un développement brillant aux Pays-Bas (Vosius, Heinsius, Grotius) et en Angleterre avec Richard Bentley (1662-1742). Le XIXe s. est dominé par la philologie allemande, représentée par C. Heyne (1729-1812), qui conçoit l’idée d’une « science de l’Antiquité » (Altertumswissenschaft), par F. A. Wolf (1759-1824) et ses disciples A. Boeckh (1785-1867) et K. Lachmann (1793-1851), qui affinent les techniques de la classification des manuscrits et de l’établissement des textes (méthode dite des « fautes communes »).

À la fin du XIXe s., le sens du mot philologie recouvre une certaine ambiguïté : si pour les uns c’est l’étude des documents écrits et de leur transmission, pour d’autres c’est « la science universelle de la littérature », ou bien « l’étude générale des langues ». En fait, la philologie, qui s’était constituée à l’époque de la Renaissance comme la première des sciences humaines, a fini par éclater, au fur et à mesure de l’émergence et de l’élaboration de celles-ci (histoire, linguistique, critique littéraire, stylistique). Son objet s’est à la fois restreint et précisé : aujourd’hui, l’étude philologique se réduit à l’établissement du texte, c’est-à-dire sa datation, son déchiffrement, sa critique interne (établissement des variantes et de la meilleure lecture), éventuellement son commentaire (références facilitant la lecture et appareil critique garantissant son authenticité). Toutes ces données peuvent être ensuite exploitées par l’historien, le critique littéraire ou le linguiste.

Philologie française sur le site de l’université de Lausane (Suisse).

Blog consacré à la critique littéraire. »


Au sens universitaire et historique, la philologie ne concerne bien évidemment que les textes et l’écriture. Qu’en serait-il d’une telle démarche élargie aux images et aux sons contemporains ?

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